1979

Pas de pitié dans le regard


Jean Paul II en Pologne communiste, son pays natal

Pour ne pas changer !
**Iran : L'ayatollah Khomeiny chasse le Shah.
**Invasion de l''Afganistan par les soviétiques.
** Viêt-Nam guerre entre frères ennemis
**Simone Veil présidente de l'Union européenne.
** Pakistan. Ali Bhutto condamné à mort et pendu le 4 avril
**Margaret Thatcher Premier ministre.
**Mère Teresa Prix Nobel de la paix.
Arabie Saoudite.
**L’affaire Boulin.
Les casseroles de la droite

1979

Iran.
Le shah a réussi à faire de l'Iran le premier exportateur de pétrole au monde. Le niveau de vie des iraniens s'est considérablement amélioré et les revenus du pays se sont multipliés par quatre. Le shah veut en faire un Etat moderne, laïc et très proche des pays occidentaux. D'ailleurs, il en côtoie des chefs d'Etats. Mais alors si tout va si bien sur le plan économique pourquoi il y a-t-il tant de mécontentement ? C'est que les richesses engendrées par le pétrole sont très inégalement réparties, les fastes du palais impérial agace au plus haut point le parti communiste. La laïcité (déjà commencée par le père) de la dynastie Pahlévi dans un pays arabe ne se conçoit guère. Elle en a fait des ennemis mortels : les religieux. En plus, le shah les avait dépossédé d'une grande partie de leurs biens. De ce fait, la colère gronde de deux côtés, les manifestations se multiplient depuis 1975. Le shah durcit sa politique et institue un parti unique. Sa police –la Savak- réprime durement les manifestants. En janvier 1978, lors de manifestations on compte 60 morts à Qom, ville de l'ayatollah Khomeiny. A Tabriz il y en a 100, à Meched 200. Au mois d’août, les islamistes mettent le feu à un cinéma et provoquent 377 morts. La situation devient ingérable et le shah essaie de la désamorcer en supprimant la savak qui a acquit une si sinistre réputation, puis il annonce des élections libres, mais rien y fait. En septembre la loi martiale est proclamée, mais les désordres ne cessent pas, Les religieux sont là pour « pousser » le peuple ! Le 8 septembre il y a encore plusieurs centaines de morts à Téhéran. En novembre on fait appel à l’armée et on nomme un gouvernement militaire provisoire qui se révèle tout aussi impuissant. La situation s’aggrave encore avec une grève dans le pétrole. Le pays est paralysé. Et voilà que l’armée, sentant que le vent a tourné, passe, elle aussi dans l’opposition. Le shah essaie encore de placer un modéré au gouvernement. Il s’appelle Shapour Bakhtiar et il a été choisi pour s’être souvent trouvé dans l’opposition. Rien y fait et sur le conseil des États-Unis, le Shah s’exile. Khomeiny rentre à Téhéran acclamé par une foule en délire. Les iraniens ne savent pas encore ce qui les attend !!!

Le règne de la terreur commence. Le pouvoir civil et les religieux modérés sont écartés. Les religieux veulent effacer au plus vite toutes ces années de modernisation que le Shah a voulu apporter. Une épuration impitoyable est prononcée par des tribunaux qui appliquent une loi coranique à la sauce des ayatollahs les plus radicaux. La police ne s'appelle plus la savak, ce sont maintenant des "pasdaran" ou gardiens de la révolution, mais leurs méthodes de répression sèment la terreur.
Le shah et sa famille sont accueillis d'abord en Egypte, puis au Maroc, mais les "amis" commencent à le lâcher. Les services secrets savent que les iraniens ont envoyé des commandos pour, soit enlever ou tuer la famille impériale. Jimmy Carter a dit que sa présence n'est pas souhaitée. Ils doivent donc s'installer provisoirement en Californie. Constamment sur le qui-vive, c'est au Bahamas qu'ils continuent leur exil, mais avec un visa de trois mois seulement. C'est ensuite au Mexique, mais le Mexique refuse de le recueillir à son retour de Paris ou le Shah a du se rendre pour consulter. En effet, la maladie dont il souffrait, s'est aggravée. Son admission dans un hôpital new-yorkais, provoque une prise d'otage à l'ambassade américaine de Téhéran. Panama qui devait être le pays d'accueil suivant refuse de le recevoir sous la pression des ayatollahs. Heureusement Anouar El-Sadate réitère son invitation. Mohammad Reza Pahlavi et sa famille s'installent donc au Palais Koubeh, mais la maladie continue ses ravages. Il mourra le 27 juillet 1980.

Quant à Shapour Bakhtiar, malgré sa modération, il échappera à une première tentative d’assassinat en juillet 1980, mais il finira égorgé par trois envoyés du gouvernement iranien le 7 août 1991.

Afghanistan
Le prince Mohammed Daoud Khan prend ses distances par rapport à Moscou. Le régime communiste ce n’est pas sa tasse de thé. Brejnev s’inquiète : encore un pays où l’Union Soviétique va perdre son influence ? Il faut éviter cela et pour l’éviter il faut intervenir et y placer des hommes bien à lui. Mais ce gouvernement est trop près de l'URSS et se lance dans des réformes collectivistes, impose un athéisme d'Etat, alphabétisation, droits des femmes. Toutes ce mesures vont à l'encontre des coutumes afghanes et les mesures répressives contre les élites et la classe moyenne font monter la tension. L'opposition grandit et s'organise contre ce régime communiste. Brejnev décide d'intervenir et Brabak Karmal que Brejnev considère comme un dur, est placé à la tête du gouvernement et en décembre les tanks soviétiques entre en Afghanistan.

France.
Les difficultés s'accumulent en France : le nombre de chômeurs dépasse le millions, l'inflation est de 10,80 % et le pouvoir d'achat baisse de 2 %. Le France emblème de la France devient le Norway. Simone Veil est élue présidente dans les premières élections au parlement européen. Elle était ministre de la Santé depuis 1974. Des ennuis d'un autre ordre commencent : les diamants que son "ami" Bokassa lui aurait offert deviennent l'"affaire" des diamants de Bokassa desquels nous reparlerons.
La loi sur l’IVG votée « à titre provisoire » en 1974 devient définitive. La gauche a voté massivement pour et 69 députés de la majorité. Les autres ont voté contre.

Viêt-Nam
Guerre entre frères ennemis. Entre la Chine et l'URSS voilà que le gouvernement du Viêt-Nam avait choisi la seconde l'année dernière, mais maintenant c'est le coup de grâce: il a décidé de nationaliser tous les commerces tout en sachant qu'ils presque tous tenus par des chinois. Du coup, le grand frère se fâche et décide de ne plus donner un seul yuan. On n'en a rien à faire ! Puisque c'est comme ça on va adhérer au Comecon. Et ils ne s'arrêtent pas là, les vietnamiens, le 1er janvier leurs troupes traversent les frontières du Cambodge où les khmers rouges font régner la terreur (avec l'aide de la Chine d'ailleurs) C'est eux qui vont faire découvrir au monde les deux et trois millions d'assassinats qu'ils ont commis. Comme le Laos a approuvé l'invasion, les chinois suppriment immédiatement les subsides qu'ils leur donnaient, mais voilà que l'URSS propose aussi immédiatement leur aide. Toutes ces manœuvres ont fait que les soviétiques se sont rendus maîtres de toute la péninsule.

Arabie Saoudite.

Le 20 Novembre, des terroristes s'enferment dans la mosquée de la Mecque avec environ un millier d'otages. Les saoudiens avec l'aide d'un commando du groupe d'intervention français se rendent maîtres de la situation une semaine plus tard. Combien sont les terroristes ? Les chiffres vont de 30 à 1300 et les morts lors de l'assaut de 130 à 400. En tous cas 63 hommes seront décapités en public selon la loi coranique.

Pakistan
A la fin de la guerre civile de 1971 qui s’est terminée avec la séparation du Bangladesh, Ali Bhutto devient président de la République. Il nationalise les plus grosses industries, commence -comme partout- une réforme agraire et retire le Pakistan du Commonwealth. Il est vrai que l’Angleterre, ainsi que d’autres pays occidentaux, a tout de suite reconnu le Bangladesh comme nouvel État et c’est une raison plus que suffisante. Il signe un accord avec l’Inde qui permet de récupérer les prisonniers pakistanais capturés pendant la guerre. En 1973, il préfère reprendre la place de Premier ministre qui lui donne plus de pouvoir. En 1974, le parlement modifie la Constitution pour dire que les ahmadis ne sont pas des musulmans. Mais tout ne va pas pour le mieux pour Bhutto et le 5 juillet 1977 il est renversé par le général Zia Ul-Haq. Il n’est pas bon de perdre dans certains pays ! Condamné à mort, il est pendu le 4 avril de cette année.

L'ancien Président Ben Bella est libéré au bout de 14 ans de prison sans jugement.

Mère Teresa reçoit le prix Nobel de la paix. Son action en faveur des plus déshérités de l'Inde.

Royaume Uni
Margaret Thatcher devient Premier ministre en mai.

Lancement de la fusée Ariane


L’affaire Boulin.
Le commun des mortels comme vous et moi, croit qu’il est impossible de nos jours, qu’un président de la République, un ministre, ou un député puisse être mêlé à un meurtre « politique ». Quand vous voyez tel ou tel homme politique parler à la télévision, vous pensez à toutes les magouilles politiciennes qu’il a pu faire ou subir, mais vous refusez de voir en lui un assassin. Et pourtant !.....
Cette année c’est le ministre du Travail qui se « suicide » dans des circonstances que la classe politique essaiera de toutes les façons de "faire toute la lumière" pour l’opinion publique. Et des suicides il y en aura d’autres et avec d’autres présidents, et tous aussi troubles, laissant planer les pires soupçons faute de logiques rationnelles. Comment, par exemple, un "suicidé" peut-il s'être tiré deux balles mortelles ? Pourtant il y en aura ! Et il y en aura d'autres pris par la maladie d'Alzheimer qui ne peuvent plus supporter leurs déchéances; d'autres qui ont des crises cardiaques juste au bon moment, sans compter ceux qui se font renverser par une voiture en traversant la rue. Il y a des accidents d'avions; d'autres avions qui se font intercepter et abattre en plein vol. L'énumération peut laisser croire qu'ils sont des centaines. Certes ce ne sont pas des centaines, mais ils existent.
Robert Boulin est ministre du Travail du gouvernement de Raymond Barre et sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. A l'automne, plusieurs journaux lancent des accusations à son encontre. Des lettres anonymes sont à l'origine de ces accusations. Selon ces lettres anonymes, la famille Boulin aurait acquis, d'une façon frauduleuse, une "garrigue" à Ramatuelle et y a fait construire une maison pour venir se reposer. Pour riposter aux attaques qui viennent aussi bien de journaux d'extrême droite que d'extrême gauche, Boulin lâche une phrase qui est peut-être la phrase de trop : J'ai l'âme et la conscience tranquilles et j'ai un comportement exemplaire. Peut-être encore plus que vous ne le pensez, parce qu'il y a des choses que je ne peux pas dire ici. Le matin du 30 octobre, son cadavre est découvert dans l'Etang Rompu dans la forêt de Rambouillet. Il était à quelques mètres de la berge, dans un endroit d'à peine quelques 50 centimètres de profondeur et son corps présentait plusieurs plaies, notamment des fractures au visage.
Le ministre du Travail a prévenu des journaux et des amis qu'il va se suicider, mais ce sont toutes des photocopies. L'original n'a jamais été trouvé. Les fractures du visage ne sont pas mentionnées dans les rapports; les organes seront volés dans le frigo où le légiste les avait conservées. Plus tard on voudra comparer l'eau de l'étang avec celle contenue dans les poumons et les poumons ont été détruits. Madame Boulin dira avoir subi des pressions de la part d'amis politiques de son mari etc..etc.. Bertrand Boulin, le fils du ministre, déclarera en 1984 que les dossiers que son père conservait sur Elf, Dassault, la sécurité sociale, l'Arabie Saoudite avaient disparus. Tout cela finit par dégoûter le "grand public" de la politique, mais ces affaires, qui remplissent les journaux pendant quelques semaines, finissent dans les oubliettes dès que le lecteur s'en lasse et s'en désintéresse.

 

 

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