La
chute du mur de Berlin
Le printemps à Pékin: les chars contre les étudiants
Les Versets sataniques
La fin des dictatures en Amérique du Sud
Les
turpitudes de tonton et ses amis
Suite et fin de
l"affaire"Urba
Délits
d'initiés dans l'affaire" Pechiney-Triangle" Le caméléon
et l'argent
1989
Allemagne
La chute du mur de Berlin. Ce mur symbole de la séparation entre
le monde démocratique et la dictature rouge tombe le 9 novembre.
Les allemands de l'Est sentaient que les liens se relâchaient petit
à petit sous l'impulsion de la perestroïka. Depuis quelques
mois déjà ils
fuyaient vers l'Ouest en passant par la Hongrie qui a déjà
décrété la fin du rideau de fer. D'autres se réfugient
dans les ambassades
de Pologne et de Tchécoslovaquie et les autorités Est-allemandes
qui tiraient impitoyablement sur ceux qui voulaient franchir le mur, n'avaient
presque plus de réaction. En Octobre, Gorbatchev est accueilli
en libérateur par une foule en délire. Tant et si bien qu'Erich
Honecker,
maitre absolu de cette partie de l'Allemagne depuis 1961 est contraint
à la démission par Moscou une semaine plus tard. Les manifestations
s'étendent à tout le pays et le 9 novembre les frontières
cèdent. Les premiers coups de pioche attaquent le mur. Les télévisions
du
monde entier retransmettent le spectacle. Le 29 novembre le chancelier
Ouest-allemand Helmut Kohl officialise la réunification des deux
Allemagne. Et moi, si j’étais communiste je me poserais une
nouvelle fois cette question : Pourquoi, des gens préfèrent
mourir plutôt que de rester dans le paradis communiste fait d’humanisme
et de liberté ? On l’a vu à Cuba, au Vietnam, dans
cette
Allemagne et, pour résumer, partout où le communisme sévit.
Pourquoi les gardiens du mur de Berlin n’ont jamais eu à
tirer contre des
allemands voulant pénétrer sur leur territoire ?
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Chine
Les chinois aussi ont voulu respirer l’air de la liberté.
Déjà le 18 avril, ils étaient quelques centaines,
voire quelques milliers, sur la place Tienanmen.
Ils voulaient avoir quelques libertés démocratiques comme
chez le camarade Gorbatchev. Les autorités avaient froncé
les sourcils, mais pas trop.
Alors le 22, ils seraient 200 000, en grande partie étudiants,
venus à l’enterrement d’un dirigeant limogé
deux ans plus tôt accusé de laxisme.
Des cris demandent la démission du gouvernement. Sans doute pour
la première fois, la police ne réagit pas. Au mois de mai,
Gorbatchev vient
en visite officielle à Pekin pour sceller l’amitié
sino-soviétique retrouvée. Et c’est la folie ! Des
centaines de milliers de chinois agitent des banderoles
où il est écrit : bienvenue au réformateur ; d’autres
: démocratie et d’autres encore : démocratie communiste.
Les plus jeunes décident de ne pas se
disperser et d’occuper la place. Le pouvoir hésite.
Au bout de trois ou quatre jours, Zhao Ziyeng, secrétaire général
du parti, leur demande de partir. Dans les coulisses du pouvoir, les
dissensions s’accumulent.
Le 20 mai, c’est Li Peng, qui exerçait jusque là les
fonctions de Premier ministre, qui intervient. Lui, il menace et décrète
la loi martiale, mais les
étudiants bloquent l’armée en dehors de la ville.
Le 25, Zhao Ziyeng est destitué et il est remplacé par Li
Peng. Le monde entier va être
consterné par l’amplitude du drame : Le 4 juin, l’armée
intervient. Précédés par les chars qui tirent sur
la foule, les soldats tirent avec
des armes automatiques et des grenades.
On compte des centaines de morts, mais nous ne saurons jamais le nombre
exact. Les arrestations et les incarcérations seront suivies de
nombreuses
exécutions, mais là non plus nous ne saurons jamais combien.
La communauté internationale proteste (pas très fort, faut
dire) mais le
gouvernement communiste chinois l’ignore avec superbe. Il n’est
pas prêt à lâcher le pouvoir.
A la fin de l’année, le prix Nobel de la paix est attribué
au quatorzième dalaï-lama Tenzin Gyatso. Une gifle à
la Chine ?
Est-ce
les mêmes qu'à Budapest ?
Non! Non ! Ceux-là ont les yeux
bridés
Budapest 1956 Tanks soviétiques
: Vive la liberté !!..............................Pékin
1989 tanks Chinois : Vive la liberté !!
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Roumanie
En fin d'année, c'est la Roumanie qui veut se libérer de
la chape de plomb du roi "communiste " Ceausescu. Celui-ci ne
comprend pas. Il se
montre au balcon de son palais à Bucarest, persuadé qu'il
va être acclamé par la foule et qu'il reprendra la situation
en main en moins
d'une heure. Quand la foule le hue et le menace, il est de plus en plus
étonné, puis il se met en colère : avec tout ce qu'il
a fait pour eux !
Quelle ingratitude ! Puis les cris deviennent de plus en plus menaçants
et doit s'enfuir.
La police politique est un peu désorientée, mais se bat
quand même contre les insurgés. Les télévisions
sont là et filment tout. Le deuxième
jour un comité prend le pouvoir et l'armée arrête
les combats. Le 24 le calme est revenu. Deux jours avaient suffit pour
vaincre une dictature
qui durait depuis 1965.
Ceausescu et son épouse Elena sont arrêtés dans le
sud du pays. Ils sont "jugés" en quelques minutes par
une dizaine d'hommes,
presque tous militaires –et qui avaient probablement obéi
servilement à ses ordres- Ils sont condamnés à mort
et exécutés le 30 décembre.
Comme pour Mussolini et bien d'autres, "leurs justiciers" nous
démontrent qu'ils ne valent pas mieux que les tortionnaires.
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Les Versets sataniques.
Je me souviens très bien de titres de journaux : Condamné
à mort pour un livre. Puis une réprobation "unanime"
de la presse. Et pourtant
je ne suis pas d’accord. Pas d’accord, bien sûr avec
les ayatollahs qui condamnent à mort, mais pas non plus –et
loin de là- avec Salman
Rushdie dont le but est de gagner de l’argent en insultant un milliard
de croyants musulmans. On trouvera plus tard à peu près
la même
chose avec les catholiques et l’Église. Il faut dire qu’apparemment
pour que " l’art" soit de l’Art il faut choquer.
Et pour choquer les Versets
sataniques choquent. Les islamistes crient au sacrilège ; les livres
sont brûlés sur les places publiques. Plusieurs pays en interdisent
la vente.
L’ayatollah Khomeiny demande, et même ordonne, à tous
les musulmans du monde entier de l’exécuter (et par la même
occasion, ses éditeurs),
là où il se trouve et il offre une récompense de
trois millions de dollars à tout iranien qui l’abattra et
un million s’il est d’une autre nationalité. Des manifestations
éclatent dans de nombreux pays. Celle de Londres rassemble plus
20 000 musulmans. Tous demandent
la mort du blasphémateur. " L’écrivain"
est obligé de se terrer. L’Angleterre doit lui assurer sa
protection par des services spéciaux.
Salman Rushdie aura augmenté la vente de son "ouvrage "
en choquant et en méprisant des centaines de millions de croyants
musulmans,
mais il ne profitera plus librement de l’argent qu’il lui
rapportera. Et moi je dis que c’est bien fait pour lui. Et en disant
cela je reste poli,
car j’aurais pu le dire d’une autre façon!
L’ayatollah Khomeiny sera lui aussi puni pour son appel au meurtre.
Il meurt au cours du mois de juin. Une consolation pour lui s’il
voit son
enterrement depuis là-haut : ses obsèques donnent lieu à
des scènes d’hystérisme collectif. On compte huit
morts et plus de 500 blessés. Les
européens ne l’aimaient pas, il y en a qui l’aimaient
quand même !
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L'Amérique du Sud
Les sud-américains devaient être habitués aux dictatures,
pensions nous en Europe, et elles tombent toutes les unes après
les autres.
Il faut dire que, dés que les Etats-Unis ne les soutiennent plus,
les dictateurs tombent. Cela a été le cas en Uruguay en
1984, puis le
Guatemala en 1985. L'année dernière c'est le Venezuela et
celle-ci le Paraguay. A Panama, c'est les américains qui chasse
Noriega
qu'ils accusent d'être trop lié aux grands trafiquants de
drogue et comme le Nicaragua ne peut compter sur Moscou, via Cuba,
la guerre civile tend à s'épuiser. Au Chili, Pinochet a
été obligé d'accepter des élections et a perdu
le pouvoir en faveur du démocrate-chrétien
Aylwin.
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Au Liban le général "chrétien" Aoun déclare
la guerre aux Syriens. Le pays s'enfonce dans le chaos.
Le monde commence à se préoccuper de la couche d'ozone.
En France, le TGV bat le record du monde de vitesse en roulant à
482,400 km heure.
Invention et découvertes
Le britannique Tim Berners-lee invente le World Wide Web. Il pense que
les utilisateurs d'ordinateurs pourraient échanger des informations
s'ils étaient connectés via le réseau téléphonique.
Il met au point un système permettant de relier les ordinateurs
et de créer des documents (les pages Web) dans un langage spécifique
qu'il appelle HyperText Markup language. (Ce qu'on appelle le langage
HTLM) qui améliore la vitesse de transmission et la vitesse des
données.
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L'affaire Urba (suite et fin)
Le 21 décembre 1989, le Sénat qui est à majorité
de droite adopte un texte qui ne fait aucune mention à une quelconque
amnistie.
Le lendemain, l'Assemblée nationale à majorité socialiste
adopte un texte modifié qui inclut l'amnistie de " toutes
les infractions commises
avant le 15 juin 1989 en relation avec le financement direct ou indirect
de campagnes électorales ou de partis et de groupements politiques,
à l'exclusion des infractions prévues par les articles 132
à 138 et 175 à 179 du code pénal et de celles commises
par une personne investie
à cette date" (Ces dispositions seront déclarées
non conformes à la Constitution par décision du Conseil
constitutionnel du 11 janvier 1990).
Le texte a été adopté très tard dans la nuit
et pour cette raison il n'y a plus guère d'élus socialistes
dans les fauteuils de l'Assemblée, mais tous
ont laissé leur clef de vote en place. Le lendemain les français
n'ont plus qu'à avaler une couleuvre supplémentaire. Quelques
parlementaires,
gênés par les questions pressantes des journalistes, tentent
de sauver la face et disent demander à être exclus de cette
amnistie. Les socialistes,
champions d'après eux de la morale politique, s'en sortent avec
une image quelque peu ternie. Mais ceux qui ont de l'expérience
savent que le
"peuple" a la mémoire courte. D'ici quelques mois les
français n'y penseront plus! Tous les politiciens, en commençant
par les responsables de
ce racket financier pour les élections de 1988, échapperont
aux poursuites judiciaires. On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même
!
Nous avons eu l'affaire :
1. le faux attentat de l'observatoire (voire 1959)
2 . la construction d'un hôtel en Corée. (1984)
3 . L'affaire Urba (de 1985 à 1989)
4. l'affaire du Rainbow-Warrior, (voire 1985)
5 . Carrefour du développement, (voire 1986)
6 . L'affaire du délit d'initiés (1989)
7 . les écoutes téléphoniques,
8 . l'affaire Elf
9. la construction du circuit de Magny-cours pour favoriser une amie
10. Les suicides suspects de deux de ses "amis" et la mort opportune
par crise cardiaque d'un autre
11. Les morts accidentelles de quelques chefs d'Etats africains.
Et que dit le français moyen dans la France profonde ? ......Rien
!
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L’affaire du délit d’initiés
».
Les "affaires" sont tellement nombreuses et tellement importantes
que le citoyen lambda peut se demander comment les politiciens trouvent
le
temps pour gérer le pays.
A la fin de l’année une des nombreuses "affaires"
liées à la politique fait grand bruit dans le pays. Celle-ci
est celle de délit d’initiés dans l’affaire
Pechiney-Triangle. Tous les " initiés" ou " receleurs"
sont des amis du caméléon. (Il faut rappeler que Pechiney
est une société nationalisée). On y
trouve :
Alain Boublil ancien directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy
au ministère des Finances.
Roger-Patrice Pelat un homme "d’affaires" très
copain-copain du président et de Bérégovoy.
Max Théret lui aussi très proche de tonton et financier
du parti socialiste.
Samir Traboulsi, ami de la famille Bérégovoy.
Robert Reiplinger, associé de Max Théret.
Jean-Pierre Emden « homme d’affaires ».
Charbel Ghanem la même chose mais de nationalité libanaise.
Patrick Gruman courtier. Résumé:
Le 31 janvier 1989 : La COB transmet aux instances judiciaires son dossier
d'enquête sur l'affaire. Le 3 février Max Théret est
désigné comme
le principal responsable. Inculpé, il doit verser une caution de
huit millions huit cent mille francs. Vers le 15 février, les autres
sont inculpés
pour recel de délit d’initiés.
Roger-Patrice Pelat meurt juste au moment où il faut, le 7 mars
d’une "crise cardiaque".
Pierre Bérégovoy se "suicidera" le 1er mai 1993
harcelé, disent les uns, par Samir Traboulsi qui le pressait pour
qu'il le protège de la justice.
Sans oublier que Roger-Patrice Pelat lui avait "prêté"
un million de francs sans intérêts et devait bien s'attendre
à quelques remerciements.
Samir Traboulsi sera condamné à deux ans de prison, dont
un avec sursis. Sa peine de prison consistait à aller dormir en
prison dans une chambre
seul et avec télévision.
Explication :
Le 19 novembre 1988, Michel Rocard qui a été nommé
Premier ministre par Tonton, son ennemi de toujours, annonce aux médias
que la
France va avoir une grande et bonne nouvelle. Puis le 21, Pechiney, une
de nos entreprises publiques les plus performantes, annonce la
construction d'une usine d'aluminium à Dunkerque. La prise de contrôle
d'American National Can, plus connu sous le nom de Triangle, va lui
permettre d'écouler son aluminium dans l'emballage. Très
vite, la rumeur que quelques personnes proches du pouvoir auraient profité
de
l'occasion pour ramasser des dizaines de milliers d'actions Triangle commence
à circuler. D'où vient cette rumeur ? Ni plus ni moins que
de la SEC
notre COB américaine. Pas besoin d'être sorcier pour s'en
apercevoir ! Alors que la moyenne se situe autour de 3 500 mouvements
par jour,
il a eu plus de 200 000 opérations en une semaine. La SEC contacte
alors la COB et celle-ci a tôt fait de découvrir les acheteurs
qui ont eu un flair
extraordinaire ! Entre eux, bien sûr Pelat et Théret, mais
aussi bien d'autres. "On" a dit que le caméléon
l'a appris par un rapport des R.G., mais
permettez-moi d'être sceptique.
En novembre 1988, Alain Boublil, directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy,
raconte à Roger-Patrice Pelat que la firme américaine d'emballage
Triangle va être rachetée par le groupe Pechiney. Ce "tuyau"
vaut une mine d'or. Il va permettre à l'ami du président
de réaliser, grâce à l'achat de
titres Triangle, une faramineuse plus-value. Mais dans les "affaires"
il faut avoir des amis. C'est même la principale base si on veut
que ça marche.
Pelat en fait profiter Max Théret, trotskyste, ex-franc-maçon,
ex-patron de la Fnac. Dans le même milieu, Samir Traboulsi, homme
"d'affaires"
libanais dont la principale source de revenus est de servir d'intermédiaire
un peu partout, a participé aux négociations Pechiney-Triangle.
Il en a
informé la société Socofinance dont le siège
social est en Suisse. Puis la Petrusse Securities International, installée
au Luxembourg.
(Information d'après le réquisitoire du juge d'instruction
Édith Boizette qui a, aussi, découvert le "prêt"
de Pelat à Bérégovoy)
Pelat et Tonton se sont connus –paraît-il (?)- dans un camp
de prisonniers. Mais si l'un a préféré la politique,
l'autre s'est lancé dans les affaires.
Pelat a maintenant 70 ans et il possède un château à
quelques dizaines de kilomètres de chez moi (chose que j'ignorais).
Ils sont restés
très amis. Des journalistes disent même qu'il est pratiquement
le seul à rentrer dans le bureau présidentiel sans rendez-vous.
Disons
que dieu le père avait tout intérêt à rester
amis avec cet homme qui maniait les millions comme vous et moi manions
les billets de 10 francs. Aux
inspecteurs qui l'interrogent il avoue avoir acheté 10 000 actions.
(Plus-value: 2 238 997,56 francs)
Max Théret pour sa part reconnaît avoir acheté 32
300 titres pour lui-même et pour Robert Reiplinger. Bénéfice
total: plus de 8, 8 millions
de francs.
Ces deux noms, auxquels il faut ajouter ceux de Samir Traboulsi et d'Alain
Boublil, n'arrangent pas du tout notre président bien aimé.
Cela
prend même des allures d'affaire d'État. La presse, pourtant
presque toute à sa botte, s'est emparée de l'affaire. Le
Monde qui veut gagner
quelque sous et se refaire une santé, annonce que Pelat aurait
acquis, en réalité, non pas 10 000, mais 50 000 actions
Triangle. 40 000
par la Banque Cantonale Vaudoise, à Lausanne, et 10 000 par la
Petrusse Securities International, du Luxembourg. Faites le calcul en
se
basant sur les bénéfices de Max Théret! L'ami se
contente de dire qu'il fait entièrement confiance à la COB
pour la suite de l'enquête.
Petite leçon de magouillage. Prenez vos stylos et notez:
Les titres achetés par la société
Experta
Quelques jours avant l'opération officielle, Pelat appelle Antoine
Schaller, un ami suisse, pour qu'il achète au plus vite 20 000
titres Triangle.
Schaller transmet aussitôt l'ordre au gestionnaire de fortune de
la société Experta, Freddy Niggeler. Le 16 et le 17 novembre,
Niggeler achète
20 000 titres Triangle en passant par le Crédit Suisse. Les 22
et 23 novembre la revente des titres dégage une plus-value de 4
380 305 de francs.
Ce bénéfice est immédiatement viré au profit
de la société Irving Trust, à New York, laquelle
le transfère sur le champ à la Banca della Svizzera
Italiana à Lugano (Suisse) sur un compte ouvert au nom d'Experta.
Ce compte n° 2.324.893 correspondant en fait à celui d'une
société
panaméenne Elco. Cette société Elco vient d'être
achetée, ce jour même par Roger Patrice Pelat.
Pour Socofinance, il faut encore regarder vers Traboulsi.
Cette société est dirigée par Charbel Ghanem, un
Libanais et à partir du 13 août elle a
acheté quelques 91 000 titres Triangle pour le compte de la banque
IDB dont le siège social est basé à Anguilla. Bénéfice
?: 21 millions de francs.
La juge d'instruction découvre que la banque IDB n'existe pas.
C'est une banque fantôme qui a été créée
par Charbel Ghanem, dans le but de
est de cacher les achats d'actions Triangle par Socofinance -
Avez-vous bien noté? Relisez ! C'est peut-être plus compliqué
que de voler un saucisson dans un super marché, mais les sanctions
ne seront pas
plus graves, et peut-être moindres!
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Les turpitudes de Tonton
Le caméléon et l'argent.
Il dit qu'il n'aime pas l'argent, que l'argent pourrit tout. Il dit aussi
que l'argent facile est fait pour corrompre. Il parle, il parle et sa
langue n'est pas
souvent exempte de poison. Son nom est souvent mêlé à
des scandales politico-financiers, mais, miracle de la politique, les
partisans de la gauche
oublieront tout, leur principale préoccupation étant de
battre la droite.
En arrivant au pouvoir après avoir battu Giscard-d-Estaing, le
nouveau président veut que tout soit clair entre lui et les français.
Le peuple a le
droit de tout savoir sur celui qu'ils viennent de choisir pour mener à
bien la politique du pays. Pour lui les deux choses principales concernent
principalement 1) sa santé, 2) sa fortune personnelle.
Sur le premier point le mensonge est total : alors que le docteur Gubler
vient de lui annoncer un cancer de la prostate (il se serait d'ailleurs
fait cette
réflexion : -Merde ! Maintenant que je viens de réaliser
mon ambition, je suis foutu) il fait publier un bulletin de santé
on ne peut plus excellent pour
son âge. Sur sa fortune, c'est un demi-mensonge ou plutôt
un mensonge par omission. Les journalistes qui se pencheront sur cet aspect
trouveront
que le président avait eu quelques trous de mémoire.
En 1945 déjà, il s'était lancé dans la politique.
Il a de l'ambition François ! En 1943, il a reçu la francisque
mais déjà il cherche d'autres appuis
et "oublie" cette distinction qui n'est plus bienvenue. Le radical
Henri Queuille lui conseille de se présenter sous l'étiquette
de centre droit. Et il
est déjà élu député, mais ce qu'il
voulait c'est un portefeuille de ministre. Député ça
ne paye pas assez ! C'est son frère Robert qui va lui trouver
un petit job à côté pour arrondir ces fins de mois.
Robert a épousé Édith Cahier et Édith est
nièce d'Eugène Deloncle, (fondateur de la Cagoule et qui
a écrit dans des journaux qui ont fait de la
collaboration pendant la guerre) et un peu en famille avec Eugène
Schueller inventeur d'un procédé de teinte pour les cheveux,
du shampooing
Dop et des peintures Valentine. Pour promouvoir ses produits, il a aussi
créé une revue appelée Votre Beauté. (Tout
ça deviendra l'Oréal)
Robert demande à Eugène de venir en aide à son frère.
C'est donc comme ça que la campagne électorale pour les
législatives a été payée par
Eugène Schueller qui va aller même plus loin. Il lui donne
la place de directeur de Votre Beauté et comme François
a un diplôme d'avocat, il lui
conseille de s'inscrire au barreau de Paris. A partir de ce jour, il recevra
des honoraires mensuels du Groupe Schueller. Pas mal non, pour un
débutant ? A partir de ce jour avec cela et ses indemnités
d'élu, il n'aura plus les problèmes de la ménagère
pour finir ses fins de mois !
Mais pour quelqu'un qui n'aime pas l'argent parce l'argent facile corrompt,
ça ne va pas s'arrêter là. Roger-Patrice Pelat qu'il
avait connu en
captivité, s'est associé à Robert, (son frère
qui lui a déjà trouvé deux petits jobs) ensemble
ils ont créé quelques sociétés dont Vibrachoc.
François est pris comme avocat de la société et,
là aussi, il percevra des honoraires mensuels. Il en recevra aussi
des sociétés que son frère
a montées (jusqu'en 1981 où tous ces contrats seront basculés
sur son fils Gilbert). Si ça ce n'est pas de l'argent facile, alors
l'argent facile
c'est quoi ? Mais qu'attendent, qu'espèrent en échange ces
généreux bienfaiteurs ? Même si on est frère
ou grand ami, ces honoraires et
postes de complaisance cela fait quand même beaucoup. Il faut bien
qu'il y ait quelques retours d'ascenseurs !
Pour l'Histoire (j'ai été tenté de mettre pour la
petite histoire, mais ce n'en n'est pas une) arrivé au
pouvoir, Tonton fait acheter la société
Vibrachoc à Thomson pour la modique somme de 70 millions de francs.
Discrètement, Il fait la même chose avec celles de son frère
Robert
qui seront achetées par les filiales de Thomson. Et voila Roger-Patrice
Pelat et son frère Robert à l'abri du besoin. Sont-ils remboursés
des sommes qu'ils lui ont versées depuis 1946 ?
Petit problème ! Ce n'est pas Tonton, ni dieu le père non
plus qui a remboursé, sinon le contribuable français qui
n'y a vu que du feu
Et après tout cela, les ouvriers qui n'arrivent pas à boucler
les fins de mois, auront voté pour lui parce qu'il est sensé
les défendre
contre le grand capitalisme et les patrons exploiteurs. Ah oui ! J'avais
oublié de vous dire qu'entre temps il est devenu socialiste !!
Roland Dumas sera aussi un de ses bienfaiteurs en faisant des montages
juridiques pour acquérir des propriétés au nom de
SCI comme à Paris
dans la rue de Bièvre ou dans le Luberon la maison de Gordes qui
reviendra par je ne sais quelle magouille juridique à Anne Pingeot,
avec laquelle
il avait eu une fille. (Roland Dumas qu'on retrouvera dans d'autres "affaires"
comme Elf). Mais c'est surtout son associé Jean-Pierre François
qui va
rendre le plus de services au président en faisant des investissements
en Suisse sous son propre nom.
Depuis 1974, Tonton touche ses indemnités parlementaires, des droits
d'auteur. Il est aussi Premier secrétaire du parti socialiste avec
tous les
avantages liés à cette fonction : voiture, chauffeur, etc..
et l'argent va vers l'argent et il a quelques fois des provenances inattendues
comme celles
du général de Bénouville proche de Marcel Dassault,
qui participe au financement de ses campagnes électorales. Avec
les fonds secrets que
l'hôte de l'Elisée dispose, on atteint des sommes faramineuses.
Le simple citoyen est loin d'imaginer toutes ces magouilles. Il y a bien
de quoi en sortir écoeuré !
En 1981, le patrimoine de notre président bien-aimé est
estimé à 12 millions de francs avec quelques "oublis"
de sa part. A sa mort en 1996,
l'estimation officielle s'élève à 39 millions et
des poussières de francs. Les investissements en Suisse faits par
Jean-Pierre François, l'histoire ne
nous dit pas s'ils ont été pris en compte.